En 2012, un virage personnel et professionnel à 180°C m’amena à me poser de nombreuses questions sur ma façon de consommer et de vivre. Passer du statut de surconsommatrice à celui de « minimaliste » (je mets ce mot entre guillemets car je ne le suis pas vraiment au sens littéral du terme, mais je tends à m’en approcher), ne fut clairement pas sans mal, et long. Un chemin semé d’embûches avec des hauts et des bas, et une nécessité d’une profonde remise en question. Mettre de la simplicité dans sa vie, c’est aussi le faire dans sa façon d’être et de penser, de travailler, de se divertir. Pour moi, c’est réellement apprendre à être plutôt qu’avoir.

 

Qu’est-ce que j’appelle la simplicité ?

Lorsque l’on veut connaître la définition d’un mot, la première étape est d’aller consulter un dictionnaire. Je me suis rendue compte au combien il était nécessaire de clarifier des mots qui nous semblent usuels : dans la plupart des cas, nous ne sommes pas capables d’en donner une définition claire.
Le Larousse nous dit que le mot simplicité est un nom féminin (tiens tiens…), ensuite voici les définitions :

  • Caractère de ce qui est peu compliqué, facile à comprendre, à utiliser, à expliquer.
  • Caractère de ce qui se présente sous une forme dépouillée, qui est sans luxe.
  • Caractère de quelqu’un, de son comportement, qui évite la recherche, l’affectation (action d’afficher une attitude peu naturelle et le cas échéant peu sincère; p. ext., attitude qui manque de naturel ou de sincérité.).

Nous sommes dans une ère de consommation ou la simplicité n’est pas de mise. Lorsque l’on voit la couverture des célèbres magazines féminins notamment, on peut se rendre compte à quel point on tente de « sophistiquer » l’humain. On l’invite à être une personne qu’il n’est pas, à posséder une multitude d’objets qui aliéneront son identité.

 

Pourquoi me suis-je tournée vers la simplicité volontaire ?

Je n’ai jamais été dans le besoin, et j’ai pourtant grandi avec cette frustration : les autres possédaient des choses que je n’avais pas. Et ils en retiraient à coup sûr une popularité  (surtout à partir du collège). Je fréquentais des amis avec des moyens bien plus élevés que les miens et dès que j’ai eu une carte bancaire entre les mains, j’ai dépensé sans compter les économies que mes parents et mes grands-parents m’avaient mises de côté. Je cherchais à exister au moyen du matériel.
Finalement à l’aube de mes 22 ans, au moment de mon virage professionnel, j’ai été subitement abandonnée par ces « amis ».

Et je me suis retrouvée à sec financièrement (heureusement que je vivais chez mon père à l’époque). C’était entièrement de ma faute bien sûr. C’est en faisant un énorme tri dans mes affaires que je me suis rendue compte de ce que j’avais pu consommer bêtement : des vêtements jamais portés, des chaussures à talons bien trop hautes (insupportables pour mon dos), des tonnes de produits de maquillage aux compositions douteuses. Physiquement je ne m’aimais pas. Le changement de vie professionnelle m’a beaucoup aidé à retrouver confiance en moi. Travailler pour le bien-être des autres m’a épanoui.

Je me sens bien mieux dans ma vie depuis que je me respecte en tant qu’être. Cela ne veut pas dire que je ne consomme plus rien. J’ai juste arrêté de consommer pour exister.

 

Comment ai-je commencer ?

Par la nourriture en tout premier lieu. Pour résumé, divers problèmes de santé m’ont contrainte à supprimer le lactose, puis diminuer le gluten et le sucre. A présent, j’élimine progressivement la viande de mon alimentation, je fais les choses le plus possible de mes mains (pain, gâteau, yaourts etc…). Quand on commence à creuser sur l’alimentation de façon générale, on découvre tout un tas d’informations qui remettent totalement notre façon de consommer :

  • La présence des pesticides et herbicides dans les fruits et légumes.
  • Le gaspillage alimentaire.
  • Les emballages plastiques.
  • La disparition des petits agriculteurs au profit de grandes coopératives (heureusement la tendance commence à s’inverser).
  • Les substances ajoutées dans les plats préparés comme les conservateurs, les amidons, les sirops de sucre etc. qui nuisent à notre santé sur le long terme.

Mon placard contient la juste quantité de vêtements pour m’habiller de façon différentes, selon les saisons, mes humeurs, les occasions. Lorsque j’achète une nouvelle fringue, une autre sort de mon placard (je donne ou je vends). Je tends vers une garde-robe capsule où presque toutes les pièces pourraient être accordées et portées en toutes saisons. Je m’oriente vers des matières éco-responsables et la seconde main.

J’ai réduit ma routine de beauté, hygiène corps et cheveux. J’utilise uniquement des produits de qualité, simples. La Nature n’a pas besoin d’artifices. Je fais mes propres cosmétiques comme mon déodorant. Je suis passée aux savons saponifiés à froid et au shampoing solide dans un soucis de moins polluer mon corps et mon environnement.

« L’art de la simplicité volontaire c’est de ne prendre que la part qui me revient sur cette Terre. »

 

 

Quel est le secret de cette quête ?

Faire les choses à son rythme, sans forcer, sans pression, sans se comparer aux autres. Le sens profond d’une quête, c’est de suivre son propre chemin. Des dizaines d’outils sont à notre disposition: livres, blogs, podcasts, réseaux sociaux, Youtube… Il est essentiel à mon sens que chacun se fasse son opinion et son interprétation du minimalisme et de la simplicité volontaire. Sinon, nous risquons de tomber dans « l’effet de mode ». Ce style de vie est mis en lumière depuis quelques années, en contestation à la société de consommation qui voudrait nous faire acheter toujours plus de choses, sans compter l’impact écologique de celle-ci. Mais il est essentiel de faire les choses en premier par conviction.

Ce qui me motive à réduire mes achats, c’est bien sûr le budget : je préfère vivre des expériences, passer du temps avec mes amis en terrasse, découvrir de nouveaux paysages, plutôt que d’avoir le dernier Iphone ou la dernière télévision 4K.

Mais j’aime surtout cette sensation que ce n’est pas l’objet qui me possède, j’en parle un peu plus en détail ici. Bien sûr, parfois j’ai envie de craquer pour une petite robe, un objet déco… Cela fait parti de la quête. Il faut alors revenir à soi pour se demander : en ai-je vraiment besoin (n’ai-je pas déjà trois paires de chaussures à talon ? Pourquoi ai-je envie de l’acheter (besoin de me faire plaisir, de reconnaissance, de combler quelque chose, apaiser une contrariété…) ? Quand j’ai vraiment envie d’acheter quelque chose dont je doute de son utilité, je le laisse en magasin. Un jour j’avais lu dans un magazine : « si c’est un coup de coeur, tu reviendras l’acheter dans la semaine, sinon tu l’oublieras en rentrant chez toi ». Et je vous jure que ça m’a sauvé plusieurs fois aha !

Author Galtéane

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