Avoir plusieurs métiers est-ce possible ?

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Quand nous rencontrons un inconnu, nous avons cette habitude de poser deux questions :

– Salut comment t’appelles-tu ?

– Qu’est-ce que tu fais dans la vie ?

J’ai toujours eu du mal à répondre à cette dernière question. Un parce que j’ai emprunté plusieurs voies professionnelles et deux, car je n’arrive pas à associer mon identité à mon (mes) métier(s).

Que nous apprend-on à l’école ? Trouve un bon métier, fais des études, obtiens un CDI et tu seras heureux.  Au fil de mon parcours et de mes rencontres, je me suis aperçue qu’il n’y avait pas de voie toute tracée, de chemin préconstruit. Nous devons chacun suivre le nôtre

 

Le (faux) problème des parcours atypiques

Jusqu’à il y a encore peu de temps, je me sentais gênée de dire que je n’avais pas un « métier » fixe, car j’étais sûre que la plupart de mes interlocuteurs hausseraient un sourcil étonné. Lorsque je cherchais un emploi encore des années en arrière, les recruteurs pointaient régulièrement du doigt mon parcours « atypique », celui d’une fille « instable, qui ne sait pas ce qu’elle veut ».

Au contraire je sais ce que je veux ! Tout du moins, j’ai découvert ce que je ne voulais surtout pas : exercer un métier qui n’a pas de sens pour moi, dans une entreprise dont l’éthique envers ses salariés et ses clients est douteuse. De plus, je déteste m’ennuyer !

Heureusement, certaines entreprises m’ont fait confiance et ont su détecter des qualités qui sont essentielles pour travailler dans le cadre structuré d’une société :

  • L’adaptation.
  • L’apprentissage rapide.
  • Être capable d’analyser ses processus de travail et de les améliorer.
  • L’enthousiasme et l’ardeur que je déploie dans mon travail puisque je fais un métier qui me plaît.

Je me suis toujours écoutée. Quand je sentais que ce job était ce qu’il me fallait à un instant T, je mettais tout en œuvre pour l’obtenir. Quand un emploi/activité ne me convenait plus, je n’hésitais pas à poser ma démission. J’étais toujours certaine de trouver autre chose et de m’en sortir. Je préférais ne pas avoir de revenus et manger des pâtes pendant 15 jours, plutôt que de subir des situations désagréables.

Donc, rassurez-vous, si vous vivez une situation identique à la mienne, vous êtes normal !

 

Se questionner sur ses véritables aspirations

C’est en m’exprimant sur les réseaux sociaux ou sur ce blog que j’ai découvert que je n’étais pas la seule à avoir plusieurs casquettes professionnelles. Slasheurs, multipotentiels, on leur donne différents noms. Ces personnes ont rencontré tout autant de difficultés que moi à faire accepter cette « anormalité ». Le mythe de l’individu qui exerce un seul métier dans sa vie a encore la vie dure.

Je vous suggère cette vidéo d’Alexandre Leroux qui partage sur sa chaîne Youtube, son mode de vie résilient en tiny house. Il explique très clairement la notion d’activité rémunératrice et nous parle de son parcours et de ses cinq professions.

On s’aperçoit donc que c’est de moins en moins la norme. Et c’est tant mieux ! Alors qu’est-ce qui nous empêche aujourd’hui d’exercer un, deux ou cinq métiers différents ? En même temps ou pas ?

Je crois que le moment est venu pour chacun d’entre nous d’écouter nos envies profondes et d’aligner son activité professionnelle avec ses valeurs. Êtes-vous heureux dans votre travail ? Vous sentez-vous pleinement épanoui ? Qu’est-ce qui vous empêche de faire autre chose ? Pourquoi pensez-vous que ce n’est pas possible ou très difficile de changer de voie ?

Les préceptes issus de l’éducation parentale, de l’enseignement scolaire, ont formaté la plupart d’entre nous. Moi-même je vous le disais, j’ai pensé pendant longtemps être « anormale » et j’avais honte de dire que j’avais changé plusieurs fois de métier.

Ce que l’on peut entendre sur les « slasheurs », c’est que nous ne serons jamais experts dans un domaine puisque l’on « s’éparpille ». J’ai envie de répondre que c’est faux. Qui place le curseur de l’expertise ? Personne d’autre que vous ? Si vos compétences vous permettent d’exercer vos activités en étant épanoui, tant mieux ! Si elles sont utiles à d’autres personnes/entreprises, alors c’est ce qui est juste. Tout dépend de ce que vous recherchez : l’épanouissement personnel et une vie sereine ou la gloire et la reconnaissance ?

 

Nous sommes tous des êtres multipotentiels

Je trouve les termes slasheurs et multipotentiels assez guindés pour ma part. Chacun des êtres humains possède différentes compétences et qualités. Ce que je veux dire, c’est que nous avons tous beaucoup d’activités différentes. Vous n’êtes pas simplement « professeur des écoles » ou « responsable marketing » ! Vous êtes peut-être aussi pratiquant de judo, violoniste, bricoleur, passionné de jardinage, écrivain à vos heures perdues, parents ! Pourquoi limiter les capacités de l’être à l’activité professionnelle ?

 

Avoir plusieurs activités à quoi ça sert ?

Il n’y a aucune injonction à exercer plusieurs métiers bien évidemment. Si vous êtes heureux et épanoui dans votre profession alors c’est parfait ! Mais voici plusieurs avantages que j’y ai trouvés :

– Ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier : si je ne peux plus exercer l’une des deux (comme ce fut le cas pendant les confinements où je ne pouvais pas ouvrir le cabinet), j’ai toujours l’autre activité qui me rapporte des revenus.

– Pas de routine : chaque jour et chaque semaine sont différents, j’ai besoin de ce renouvellement pour rester créative et ne pas m’ennuyer. Je choisis comment répartir mon temps entre les différentes activités.

– Élargir son champ de compétences : j’en apprends des nouvelles et en peaufine certaines.

– J’apprends à m’écouter et à lâcher-prise : parce que l’on ne peut pas tout contrôler comme je l’évoquais dans le paragraphe précédent.

– Je prends confiance en moi : je constate que malgré les critiques que l’on peut faire à mon mode de vie, ça fonctionne, parce que je suis 100 % alignée avec mes convictions.

 

Exercer plusieurs métiers : l’expérience de mon propre parcours

Toutes les expériences sont justes

J’avais déjà raconté dans cet article, ma reconversion professionnelle si je puis dire, lorsque j’ai quitté les bancs de la fac d’histoire de l’art pour me lancer dans le bien-être. Dans un autre, j’évoquais le chemin qui m’a amené au Shiatsu. Je vous laisse les parcourir, car je n’y reviendrai pas en détail aujourd’hui.

En dix ans, je suis passée par de nombreuses étapes d’introspection personnelle et j’ai exercé différentes activités professionnelles, étant tour à tour chargée de clientèle, conseillère en parfumerie, praticienne de spa, vendeuse de jus de fruits… Avec le recul, je m’aperçois que tout ce que j’ai pu faire (y compris les jobs alimentaires) est venu nourrir une partie de mes aspirations et de mes compétences. Par exemple, j’ai travaillé 3 mois en 2016 en mise en rayon dans un supermarché de village. Et je me suis découvert une passion pour l’organisation et le rangement !

Suivre son cœur

Lorsque nous avons pris la décision de nous expatrier en Suisse au printemps 2020, j’ai développé une activité de rédactrice web. Ce métier consiste à écrire (ou réécrire, corriger) du contenu (article de blog, page web, email, ebook…) pour des entrepreneurs qui souhaitent développer leur présence sur le web. Ce contenu doit être à la fois pertinent, bien écrit et optimisé pour les moteurs de recherche (pour que le site/blog apparaisse dans les premiers résultats si vous voulez).

J’ai fait ce choix pour deux raisons :

  • Je voulais absolument rester indépendante tout en me laissant un peu de temps pour redévelopper l’activité de Shiatsu et kinésiologie en Suisse.
  • L’écriture est une passion depuis que je suis enfant.

Ma formation, je l’ai faite moi-même, à partir de la banque de données gigantesque et gratuite qu’est internet. Finalement, je me suis rendue compte que c’était assez proche de ce que je faisais pour mon blog Galtéane depuis 2017. Il me fallait seulement approfondir les notions essentielles et pratiquer…

Une belle page LinkedIn plus tard, je me suis lancée c’était en janvier 2020. Je démarche mes premiers clients en préparant notre expatriation au printemps. Une semaine avant de quitter La Rochelle, je rencontre le directeur et la chef de projet d’une agence web locale qui cherche une rédac en freelance. Je réussis à les convaincre de me laisser ma chance, bien que je sois « débutante ».

Paradoxalement, c’est au début du premier confinement que je commence à travailler sérieusement grâce à cette agence. Une fois arrivée en Suisse durant l’été, je trouve d’autres clients, par le bouche-à-oreille principalement. Et c’est heureux, car le contexte n’est pas du tout favorable à l’ouverture d’un cabinet de bien-être avec toutes les restrictions sanitaires. La cerise sur le clafoutis : j’attends mon premier enfant.

Donc à l’heure actuelle, j’exerce une activité de rédactrice web, de thérapeute holistique (même si l’activité est plus réduite), de créatrice de contenus pour ce blog, mais aussi de femme au foyer et bientôt de maman !

Tout s’est aligné en fonction de mon besoin et de mon aspiration profonde du moment.

 

Comment gérer plusieurs activités à la fois ?

Mes maîtres-mots sont : s’écouter, lâcher-prise et faire preuve d’un peu d’organisation. J’ai remarqué que mon taux d’activité s’adapte de lui-même au temps et à l’énergie dont je dispose. Je n’essaie pas de tout contrôler. J’ai confiance sur le fait que : « j’aurai toujours ce qu’il faut ». Par exemple, au début de ma grossesse j’étais malade, donc j’ai eu moins de travail et j’ai pu me reposer.  Aujourd’hui, à quelques semaines de mon congé maternité, j’en ai beaucoup plus, comme si l’Univers avait compris que j’allais rentrer moins de revenus durant mon arrêt.

Faites ce qui vous semble le plus juste pour vous. Il n’y a aucune règle, aucune façon de bien faire. Je reste organisée dans mon quotidien sans faire preuve de rigidité. J’ai choisi le freelancing, ce n’est pas pour me stresser avec des horaires ! À titre indicatif, voici ce qui m’aide à structurer mes journées :

– Un agenda papier (oui je suis de la vieille école).

– Un outil digital de gestions de projet (Trello), ça marche aussi bien pour le pro que le perso.

– Plusieurs carnets (un pour chaque activité + le carnet commun avec mon homme pour la gestion de la maison).

Le plus important est d’écouter sa voix intérieure qui vous guidera toujours vers les meilleurs choix et vous protégera du piège du « sur-travail ».

J’ai beaucoup écrit aujourd’hui, j’espère avoir pu vous délivrer le message qui me semblait essentiel : vous pouvez exercer plusieurs métiers car vous êtes tous à votre manière des êtres aux multiples potentialités. N’écoutez pas ce que dit la société ou ce que disent les peurs de vos proches. Vivez, vivez pleinement cette vie. Les seuls obstacles sont ceux que l’humain met sur sa propre route.

Prenez soin de vous,

 

 

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